ISLAM, le face à face des civilisations

Tariq Ramadan

 De nos jours les civilisations occidentale et islamique se font face, et parfois même « la guerre ». L’incompréhension, l’intolérance, et les préjugés vis à vis de l’Islam se sont profondément ancrés dans la pensée occidentale. Le rejet est si évident que l’on voit mal comment instaurer une co-existence pacifique ; co-existence à laquelle le prophète Mohammed (que la prière et la bénédiction de DIEU soit sur lui) s’était sincèrement employé à son époque. Le monde «   moderne »occidentale agité dans son processus d’effervescences scientifique, technologique et économique se retrouve face à une communauté Musulmane attaché à une religion, une éthique, une pratique. Quel dialogue instaurer ? Quel projet pour quelle modernité ? Telles sont les questions auxquelles l’auteur tente de fournir des éléments de réponse. « S’il existe véritablement un pluralisme, s’il est volonté sincère de s’engager dans la co-existence des civilisations et de cultures, il faudra bien passer par là. Imposer ses normes à autrui entraînera immanquablement des conflits, mais appeler chaque religion, chaque culture à développer, de l’intérieur, les espaces de protection de la dignité de la femme, de l’homme et de l’enfant, tel nous paraît être le choix de l’avenir. »En affirmant ceci dans son ouvrage intitulé : Islam, le face à face des civilisations, Tariq Ramadan (professeur de philosophie, de littérature française, et de civilisation islamique) est persuadé que les musulmans ont les moyens de relever le défi de vivre dans une société contemporaine sans trahir leur identité. Force est de constater que la pensée occidentale renferme quelques principes et valeurs nobles fondés sur l’éthique, de ce fait il ne faut rien rejeter qui soit compatible avec les sources musulmanes. Parallèlement, la référence à l’Islam peut apporter des éléments de réponses aux problèmes actuels des sociétés laïques et musulmanes ; en leur proposant des moyens d’appréhender les questions complexes liées au progrès, aux droits de l’homme, à la démocratie, au pluralisme, à l’économie… Alors si la réalisation de cette co-existence religieuse et culturelle est désirée des deux bords, il n’en tient qu’aux membres des partis respectifs de s’employer à faire les efforts nécessaires pour y parvenir.